« mes thrillers sont très cash. j’aime que ça respire le vrai… »
Votre style est direct, «cash» pourrait-on dire…
Lorsque je lis, j’aime être, tout de suite, au cœur de l’action. C’est ce que je mets en pratique dans mes ouvrages. Dès le premier chapitre, il faut que le lecteur n’ait plus envie de lâcher son bouquin. L’emploi de phrases courtes, sans fioritures littéraires ou alambiquées, permet d’être directement au cœur de l’action.
Ce qui se passe dans le livre se doit d’être réaliste afin que l’imagination du lecteur visualise sans problème les scènes décrites. Il faut aussi que tout soit plausible et puisse exister dans la vraie vie. Pas de choses impossibles, mais aussi parfois des sentiments ou quelques faiblesses qui humanisent les personnages.
Le lieu a aussi son importance. Je m’appuie parfois sur des faits historiques réels liés à l’endroit où se passe l’enquête mais aussi sur des lieux emblématiques de la région. Parfois même, des gens du cru découvrent des lieux dont ils ignoraient l’existence dans leur ville. Certains lecteurs refont ainsi le parcours du livre et vont déjeuner dans des restaurants où Laura et son équipe sont passées.

Comment s’élaborent vos ouvrages ?
Tout d’abord déterminer le lieu du crime et de l’enquête. Je me documente sur ce lieu – livres, Internet – et je me procure un plan de la ville. Je repère les endroits qui me semblent intéressants puis me rends sur place pendant plusieurs jours afin de me rendre compte si les lieux choisis sont adaptables à une intrigue. Je vois aussi les offices du tourisme, la mairie et quelquefois des anciens qui ont des choses à raconter: légendes, faits divers anciens… Je fais aussi beaucoup de photos qui me serviront de supports lors de l’écriture. Je rentre et au travail! Souvent l’intrigue a déjà germé. Il ne reste qu’à… Pour l’instant mon imagination ne m’a jamais trahie.

D’où vous vient votre goût pour la description des autopsies ?
Le légiste associé à l’équipe, Jean Lambert, considère Laura un peu comme sa fille. Vu que Jumet et Bricart fuient les autopsies, c’est toujours Laura l’Officier de Police Judiciaire de service. Comme pour les techniques de criminologie, j’ai lu beaucoup de livres écrits par des légistes, vu des documentaires et je consulte régulièrement des livres d’anatomie. J’ai eu la chance d’avoir une amie qui a fait son internat en médecine légale et qui, à mes débuts, m’a largement conseillée.
L’autopsie est un moment important du livre. Les lecteurs l’attendent, tout en étant parfois remué par les descriptions réalistes. Une dame m’a dit un jour que ce qui la dérangeait, c’était les odeurs. Comme quoi, il n’y a pas que moi qui ai de l’imagination! J’ai tenté d’en faire moins mais dans ce cas, le lecteur râle… et la dame a acheté toute la collection.
